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Sauver l’aide à domicile par une organisation territoriale efficace, sociale et écologique

En 8 ans, le groupe Doctegestio a fédéré autour d’Amapa, son opérateur médico-social, près de 7000 collaborateurs au sein de 150 services d’aide et soins infirmiers à domicile et établissement d’hébergement pour personnes âgées.

Les 41 structures qui ont rejoint le Groupe étaient toutes en situation de difficulté. Grâce à la mutualisation des moyens et des compétences complémentaires et services supports apportés, elles ont poursuivi leurs activités en se concentrant sur leur coeur de métier, l’humain.

Chaque nouvelle entité qui rejoint Doctegestio est une opportunité partagée d’évoluer dans un esprit collaboratif et d’entraide. Fort de cette intelligence collective nourrie des cultures et expériences diverses de chaque collaborateur, Doctegestio a analysé les sources de difficulté et propose des solutions pour sauver le secteur économique de l’aide à domicile, dont la crise sanitaire de la Covid-19 a mis en évidence son importance mais aussi sa grande fragilité.

Deux dysfonctionnements majeurs

Le secteur médico-social, comme le secteur sanitaire, souffre de deux dysfonctionnements majeurs, présentés aux Rencontres économiques d’Aix-en-Seine 2020.

  1. son cloisonnement d’où découle un parcours chaotique de l’usager et une prise en charge avec un manque d’information à chaque changement d’interlocuteur. 
  1. une prise en charge de la dépendance financée par la solidarité départementale créant des inégalités entre les territoires. La crise sanitaire a mis en lumière cette limite par des prises de décision variables entre chaque Département que ce soit en matière de prise en charge des déficits de recettes des opérateurs d’aide à domicile ou de prime des aidants professionnels à domicile par exemple. 

Autre constat, ce sont souvent les départements “pauvres” qui recensent le plus de seniors mais sont contraints de sous financer les besoins de prise en charge faute de ressources suffisantes. 

Pour des opérateurs globaux territoriaux et un financement national de la dépendance

Il est nécessaire de favoriser les opérateurs globaux sur les territoires qui assurent la gestion d’enveloppes globales par parcours et par usager. Capables de proposer une offre de service complète, limitant ainsi les interlocuteurs différents pour chaque besoin exprimé, l’usager bénéficiera d’un parcours simplifié potentiellement générateur d’économies puisque les tarifs et les coûts seront maîtrisés par les opérateurs.

Afin d’assurer une égalité territoriale de prise en charge de tous les Français, il est indispensable que le financement de la dépendance soit de la compétence directe de l’Etat. Les tarifs des prestations doivent être réglementés par un régulateur national. 

D’importantes économies de densité à réaliser 

Dans une toute récente étude économique réalisée par Bernard Bensaid, Président du groupe Doctegestio, Robert Gary-Bobo et Solen Croiset du CREST- ENSAE Paris, Centre de recherche en économie et statistique, défendent une proposition disruptive pour le secteur de l’aide à domicile en mal de financement. 

En s’appuyant sur un ensemble de données unique en son genre, reflétant de manière détaillée l’activité des intervenants d’un réseau national d’associations d’aide à domicile aux personnes âgées, ils ont mis en évidence l’existence de fortes économies de densité. Ils ont fait le constat que le nombre de kilomètres parcourus par les employés des services, par heure de prestation à domicile, décroît avec la densité de clients du service sur le territoire (et avec le nombre d’heures de prestation effectuées dans un période de temps donnée). 

Par extrapolation nationale, 200 millions de kilomètres parcourus et consécutivement 7 millions d’heures passées sur les routes par les intervenants à domicile pourraient être évités.

La circonscription, la bonne échelle territoriale

Ces économies de coûts de transport seraient possibles en augmentant le total des heures de prestation d’un service donné sur un territoire calibré à l’échelle de la circonscription, chacune attribuée à un unique opérateur concessionnaire, pendant un nombre d’années limité et soumis à des normes de qualité de service, régulièrement contrôlées.

La plupart des circonscriptions étant des subdivisions des départements français, l’échelon départemental reste pertinent pour continuer à gérer l’aide à domicile, dans un cadre unifié par des règles nationales rénovées.

Une organisation efficace, socialement et écologiquement gagnante 

Les conséquences iraient au-delà d’une meilleure organisation économique. L’impact écologique serait évident en évitant l’émission de milliers de tonnes de CO2 dans des déplacements inutiles. Socialement, cette organisation est également importante. 

Les professionnels de l’aide à domicile moins épuisés par les trajets routiers verraient leurs conditions de travail améliorées. En disposant de plus de temps auprès des personnes accompagnées, ils pourraient assurer leur rôle de “care-manager”. S’en suivrait naturellement une valorisation des missions et du métier de l’aide à la personne. 

Pour les usagers, le bénéfice de cette réorganisation serait évidemment une prise en charge plus qualitative compte tenu du temps plus long consacré aux interventions des professionnels. 

Ces propositions du groupe Doctegestio entendent participer à la construction de la loi Grand Âge et Autonomie tant attendue.

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