L’aidant familial, ou proche aidant, est une personne qui apporte une aide régulière à un proche qui se trouve en situation de perte d’autonomie. L’aidant intervient dans les actes du quotidien que la personne dépendante n’est plus capable de réaliser seule.

En France, on dénombrait plus de 11 millions d’aidants familiaux en 2018. La majorité d’entre eux apportent une aide régulière et bénévole à un proche malade, dépendant ou en situation de handicap. La loi reconnaît, depuis 2016, le rôle des aidants et est venue apporter sa définition de l’aidant familial comme étant “une personne non professionnelle qui appartient ou non à la famille de l’aidé et vient en aide de manière régulière à une personne dépendante de son entourage, pour les activités de la vie quotidienne”.

Cependant, le statut d’aidant familial est encore peu connu par les aidants eux-mêmes puisque seulement 40 % des personnes ont déjà entendu parler de ce statut et seulement 64 % des aidants ignorent qu’ils le sont. Ainsi, la plupart des proches aidants ne connaissent ni leurs droits, ni les aides dont ils peuvent bénéficier. La majorité des proches aidants prennent donc à leur charge les dépenses liées à la perte d’autonomie de leur proche, ce qui représente environ 160 milliards d’euros qui ne sont pas pris en charge par l’Assurance Maladie.

aidant familial

Quel est le rôle d'un aidant familial ?

Aussi appelés aidants naturels, les aidants familiaux permettent le maintien à domicile de leurs proches dépendants. Ils accomplissent des tâches diverses comme l’entretien du logement, l’aide à la toilette, l’accompagnement dans les déplacements, la préparation des repas et aussi les soins médicaux dans le but de soulager la personne en situation de dépendance qui ne peut plus assurer ces tâches toute seule.

Cette aide apportée par les proches engendre à la fois des coûts financiers mais aussi des conséquences négatives sur leur santé physique et mentale. Les aidants familiaux rencontrent des difficultés à concilier leur vie personnelle et leur vie professionnelle, ce qui entraîne des répercussions néfastes sur leur santé, souvent caractérisées par :

  • Une fatigue physique extrême due à la surcharge de travail et à l’investissement apporté dans la prise en charge de la personne aidée,
  • Une fatigue mentale due à la baisse des liens sociaux et de la dégradation des relations avec la personne aidée.

La loi pour l’Adaptation de la Société au Vieillissement (loi ASV) de 2015, a permis d’apporter un soutien aux aidants familiaux puisqu’elle a développé le statut juridique de l’aidant et a étendu ses droits et son rôle auprès de la personne dépendante, et a pris en compte sa difficulté à concilier vie personnelle et activité professionnelle. Grâce à cette loi, les aidants familiaux se sont vus attribuer un certain nombre de droits.

Quels sont les droits des aidants familiaux ?

Le proche aidant bénéficie d’un droit au répit qui lui permet de prendre un moment de repos dans la prise en charge de son proche dépendant en faisant appel à de l’aide extérieure. Les personnes bénéficiaires de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie ayant atteint le plafond, peuvent bénéficier de ce droit au répit. Cette aide, limitée à 500 € par an et par personne, finance la prise en charge de la personne en perte d’autonomie en accueil de jour ou de nuit, en hébergement temporaire ou par le biais d’un service d’aide à domicile.

Le proche aidant peut obtenir le statut de salarié et ainsi être rémunéré en tant qu’aidant familial, sous réserve de remplir certaines conditions :

  • La personne dépendante qu’il accompagne doit être éligible à l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) ou à la PCH (Prestation de Compensation du Handicap).
  • Il ne doit exister aucun lien marital ou pacte civil de solidarité entre la personne accompagnée et son aidant (conjoint, concubin, partenaire de pacs). Ainsi, le conjoint, concubin et parent ou enfant de la personne dépendante ne peut obtenir le statut de salarié, à l’exception d’une situation de forte dépendance et d’un besoin d’aide constant.

Si les conditions ne sont pas réunies, il est toutefois possible d’avoir droit à une compensation financière provenant de la PCH qui sert de dédommagement à l’aidant familial sur un montant à hauteur de 85 % du SMIC horaire sur une base de 35 heures travaillées par semaine.

En plus de ces aides financières, les aidants familiaux disposent également de droits non financiers. Le proche aidant bénéficie du droit au congé de proche aidant qui permet aux aidants salariés d’obtenir un congé pour s’absenter de leur activité professionnelle dans le but de porter assistance à un proche handicapé ou dépendant.

Il y a deux situations pour lesquelles l’aidant peut bénéficier d’un congé de proche aidant :

  • Le salarié décide d’assister un proche en fin de vie : il s’agit du congé de solidarité familial. C’est un congé sans solde d’une durée de trois mois maximum.
  • L’aidant souhaite suspendre son activité professionnelle pour accompagner un proche en perte d’autonomie ou en situation de handicap. Ce congé de soutien familial a une durée de trois mois renouvelables, sans perte de l’emploi.

Fin septembre 2019, le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) a présenté son souhait de développer le recours au congé de proche aidant d’ici 2020. Grâce à la mise en place d’une rémunération, les aidants familiaux devraient percevoir un montant calqué sur l’allocation journalière de présence parentale (AJPP) à hauteur de 42 € pour un couple et 52 € par jour pour une personne seule.

L’aidant familial dispose aussi d’un droit à la formation : il existe certaines formations certifiantes pour permettre aux aidants de connaître les gestes à adopter pour venir en aide aux personnes âgées en perte d’autonomie. Ces formations, assurées par des professionnels du secteur médical délivrent les gestes de premiers secours, l’accompagnement psychologique et les gestes de l’aide à l’autonomie.

De quel soutien bénéficient les aidants familiaux ?

En plus des droits accordés aux proches, les aidants familiaux peuvent être soutenus par différents métiers de l’aide à la personne : les aides à domicile, auxiliaires de vie sociale ou encore aides-soignants qui accompagnent au quotidien les personnes âgées, handicapées et dépendantes à travers un large panel de prestations adaptées au besoin de la personne : aide à l’autonomie, ménage repassage, portage de repas… Les proches aidants peuvent également se voir offrir une solution de répit, sous la forme de relayage, qui consiste en la mise en place d’un dispositif de relais à domicile par des intervenants extérieurs afin de soulager l’aidant, qui peut alors se consacrer à d’autres activités.

Les aidants familiaux peuvent également opter pour la téléassistance qui permet aux personnes âgées de continuer à vivre chez elles en toute autonomie et ainsi rassurer les proches grâce à un système sécurisé en continu.

aidants familiaux

Comment devenir aidant familial ?

Pour bénéficier des aides financières ou non financières et être informé du rôle d’aidant familial, il existe de nombreuses structures qui viennent conseiller les proches dans les démarches administratives concernant leurs droits :

Si l’aidant bénéficie d’une aide financière et parvient donc à percevoir une rémunération pour son aide envers le proche dépendant, une déclaration de revenus est obligatoire :

  • Une déclaration de rémunération aux impôts si le proche aidant perçoit un salaire,
  • Une déclaration de bénéfices non-commerciaux (BNC) si l’aidant perçoit une rémunération d’autre nature.

La personne dépendante pourra bénéficier d’une réduction d’impôts égale à 50 % de ses dépenses liées à son besoin d’accompagnement pour un montant maximal de 15 000 euros la première année, 12 000 les suivantes et 20 000 euros si la personne dépendante a besoin de l’aide d’une personne supplémentaire.

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